Samedi 27 mars 2010
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Ce film "Crossdresser", qui est sorti ce 24 mars, a fait l'objet d'une
rencontre-débat, après la projection ce jeudi 25 mars, avec sa réalisatrice Chantal Poupaud, au Cinéma REFLET MEDICIS, 13 rue Champollion - 75005 Paris.
Clip de présentation et interview de la réalisatrice
: http://www.crossdresser-lefilm.com/

Ma réaction après l'avoir vu et assisté à la discussion avec la réalisatrice :
Le film est un documentaire, donc présente des réelles tranches de vie de 4 travestiEs.
Ces 4 épisodes ne montrent que la "montée" où s'effectue la transformation de l'image, celle ne débutant qu'aux moments où chaque travesti arrive dans son endroit secret, où il
va se transformer : se raser, se maquiller, choisir sa tenue, ses prothèses mammaires ... et s'habiller, et s'arrêtant aussitôt qu'il ressort dans la rue.
La relative restriction de ce choix, très concentré du temps vécu par un travesti, restriction que, dans un premier temps, j'ai ressentie "frustrante" par rapport à mon vécu de
travestie, est expliquée par la réalisatrice, mais après la projection : le savoir avant de voir le film aurait aidé à situer sa démarche et éviter cette frustration !
Chantal Poupaud a volontairement exclu de témoigner des moments de la "descente", c'est à dire le moment fatal où il nous faut quitter cette image féminine à laquelle on aspire tant (c'est
Sophya qui parle !), pour retrouver le monde "réel" ...
La discussion a été intéressante et parfois vive, d'autant plus qu'Auxane, un des travestis filmés, était là et a témoigné de son parcours, et que la moitié de l'assistance (environ 60/70
personnes) était constituée de travestiEs, transsexuelles et transgenres.
Le passage concret et structurant à la transidentité sociale et la traversée du miroir consistent à vivre ainsi dans son milieu professionnel et donc à l'affronter, milieu qui est
apparu, selon les témoignages apportés par certaines transgenres et transsexuelles présentes, comme le lieu le plus conservateur des codes socio-culturels de la société, voire
devenir franchement hostile.
A contrario, il semble que les milieux familial et amical, certes sans généraliser à tous les cas, sont plus facilement des lieux où est acceptée la révélation de la transidentité
d'un fils, d'un mari, d'un compagnon, d'unE amiE ... mais moins facilement cependant d'un père !
Le dévoiler à ses enfants reste un "mur" difficile, du moins confronté à la hantise que cela fasse plutôt du mal à ses enfants, et ne vaille pas le coup de la "sincérité".
"Crossdresser", pour mieux entrer au coeur des envies de certain(e)s, manifestées très souvent depuis l'enfance et l'adolescence !
Allez le voir ...
Sophya
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